Les ronces, la salsepareille, les genêts, les chênes verts et blancs et le térébinthe étaient devenus les maîtres absolus du terrain. Seul un étroit sentier foulé par les marcheurs, le traversait. Notre premier souci fut donc d’y voir clair en défrichant systématiquement les abords immédiats de l’église, les portes, l’intérieur et toutes les restanques qui descendaient au sud vers le village.
Celui qui veut construire une maison, commence par rassembler des fonds et en fonction des sommes dont il dispose, il établit des plans et cherche les ouvriers qui devront la bâtir. Notre démarche était bien différente, car nos ressources étaient très limitées et il fallait d’abord y voir clair dans un espace envahi par les ronces. Ensuite seulement, nous allions pouvoir établir les plans et ce fut le but de l’avant-projet que nous avions établi avec Jean-Claude et que nous étions allé porter « d’une main tremblante » à l’ABF d’Avignon, pour qu’il nous prodigue ses conseils. Il ne nous en donna aucun, sinon que la procédure administrative serait longue et qu’en attendant, il ne nous fallait surtout rien faire. « Ne faites rien, ne touchez à rien. »
Beau programme pour une association de bénévoles qui s’était constituée justement pour faire quelque chose. Ce premier contact avec l’administration nous indiqua que l’avancement des travaux serait difficile et qu’il vaudrait mieux compter sur notre propre détermination. J’établis un plan d’action qui sera remis à chacun des bénévoles et en attendant, nous dégagions les pierres et nous les rangions tout en refaisant le mur du parvis qui s’était éboulé.