Consécration de l’église St Hilaire le mardi 17 septembre 2019

C’est sous un soleil radieux et en présence de 50 prêtres et diacres que Monseigneur Jean-Pierre Cattenoz, Archevêque d’Avignon a procédé à la bénédiction de l’église de ses murs et du maître autel.

A l’issue de la cérémonie, Robert Mestelan, Vice-président de l’association a prononcé l’allocution suivante:

Monseigneur, T.R. Père Abbé, Messieurs les vicaires généraux, Messieurs les prêtres, chers amis,

Permettez-moi d’abord de vous remercier de votre présence ici ce matin au cours de cette belle cérémonie et de vos prières de louange qui ont chanté la Gloire du Seigneur. Point d’orgue d’un chantier pharaonique qui aura duré huit ans, l’église St Hilaire, construite au 6ème siècle, reconstruite au 12ème et au 21ème, oblige par son insolente jeunesse notre époque à refaire l’expérience du sacré et à rendre maintenant à Dieu la place qui Lui est due, la première.

Ici, tout a commencé par une histoire d’amour. La donation au diocèse est le fruit de la générosité de la famille Pierre Alliaud qui l’a porté à l’abbaye du Barroux, puis du Père Abbé Dom Louis-Marie qui l’a offerte au diocèse. Pour nous, qui allions être chargés des travaux, il ne nous restait plus qu’à suivre cette trace et c’est pour cela que nous avons choisi la belle devise de Victor Hugo, « agir, c’est aimer », qui est devenue la devise de l’association Sauvegarde.

Je remercie publiquement notre chef de chantier, Cyrille Berard ainsi que Marc et Jean qui furent les acteurs incontournables de cette splendide résurrection : elle constitue le chef d’œuvre de leur vie du noble métier de tailleur de pierre. Ils ont été accompagnés par les vingt bénévoles intrépides qu’ils ont formé et, aidés par les prières et les deniers des plus de 850 bienfaiteurs. Citons le Crédit Agricole, Sauvegarde de l’Art Français, MG Imprimerie, les Vieilles Maisons Françaises qui nous ont soutenus au départ et les Ciments Lafarge, qui n’ont pas cessé de nous approvisionner en chaux durant la totalité du chantier. Oui, il y a eu beaucoup de générosité et, sachez mes chers frères prêtres que nos églises ne sont pas mortes et que lorsqu’il faut les rebâtir, comme au Moyen Âge, c’est la population elle-même qui se lève pour le faire.

Dès le début, il nous est apparu que cette église, ainsi nommée par l’abbé Allègre, était bien plus qu’une chapelle en ruine étouffée par les arbres et envahie de ronces, mais le temple, la Maison de Dieu qu’il fallait faire revivre.

Face à l’hérésie arienne, véhiculée par les Wisigoths dès le 4ème siècle, dans la vallée du Rhône, la Narbonnaise et l’Espagne, nos ancêtres les chrétiens de Durban ont uni leurs forces pour ériger cette forteresse de pierre et de foi chrétienne de 25,5 m de long. C’était donc pour nous, le mémorial de la foi chrétienne en Provence qu’il fallait sauver et l’exemple de ce qu’il fallait refaire.

C’est maintenant chose faite, mais ce n’est que le début d’une action qui va se poursuivre en rechristianisant les lieux et en continuant à organiser quelques manifestations. Dès la première année en 2012, personne n’a oublié le chemin de Croix conduit par notre archevêque qui s’est achevé par la plantation de la Croix rouge au jardin d’iris.

Le calendrier liturgique nous offre l’occasion de monter le 24 décembre une belle veillée de Noël avec une messe célébrée par Monsieur le curé des Dentelles, le Mercredi Saint un chemin de Croix et le 16 juillet un pèlerinage à Notre Dame de la Colline avec remise du scapulaire. A partir de cette année, nous allons ajouter le 17 septembre, dédicace de St Hilaire pour perpétrer notre hommage aux constructeurs et à tous nos bienfaiteurs.

Avec les randonneurs qui nous visitent chaque jour, la paroisse St Hilaire est très grande, elle va de Paris à Moscou, même jusqu’à Pékin et la semaine dernière nous avions des visiteurs de Nouvelle Zélande.

Toutes les paroisses du diocèse sont donc invitées à venir découvrir le site. Avec des jeunes ou des moins jeunes, à pied, en VTT ou en voiture, escaladez la colline pour une journée de prière et d’amitié pour prier Notre Dame de la Colline, retrouver du haut de ce balcon la beauté du Haut Vaucluse et rendre grâce à Dieu pour la transfiguration de la pierre.

L’homme sculpte la pierre,

Dieu sculpte le cœur de l’homme.

Dure et précieuse est la pierre,

Dur, si dur parfois, le cœur de l’homme,

Mais si précieux également.

 

De toute pierre,

Un bon maçon peut tirer profit.

De tout coeur d’homme,

Dieu sait tirer profit, éternellement.

Combien de monuments,

Combien d’édifices et d’églises,

En France, en Europe,

Rappellent le génie de l’homme,

Sa force, sa science du bâtiment,

De l’architecture et de la sculpture.

Combien de justes et de saints,

En France et en Europe,

Rappellent le génie de Dieu, sa bonté,

Sa puissance,

Sa science créatrice,

Sa miséricorde.

 

Si les pierres les plus dures,

Tel le marbre,

Servent habituellement

À réaliser des œuvres d’art précieuses,

Qui honorent l’humanité,

Les cœurs les plus purs,

Tel celui de saint Hilaire,

Sont pour Dieu

Matière à ses oeuvres de grâce

Et de beauté les plus glorieuses.

Un bon maçon ne rejette

aucune pierre,

Il la transfigure

Et l’intègre à son édifice.

Dieu ne rejette aucun homme,

Il purifie son coeur

Et l’intègre à son royaume.

Pour Dieu, tout sert à l’édification

De la Jérusalem céleste,

Où tout sera transfiguré en or pur,

Pierres précieuses, émeraude et saphir.

par un moine du Barroux.