L’association « Sauvegarde » lauréate du concours 2015 pour la sauvegarde du Patrimoine

Chaque année, la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France) organise un concours national ayant pour objet d’encourager les initiatives locales qui ont contribué à garder le caractère particulier de leur commune et à assurer la mise en valeur du patrimoine dans toute sa diversité.

Ce concours soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, la Fondation du Patrimoine, le groupe BTP vient d’être remporté par l’association Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire.

Fondée fin 2011, l’association « Sauvegarde » restaure la chapelle St Hilaire (6ème siècle) du plateau des Courens au dessus de Beaumes de Venise en Provence, au prix d’un travail difficile, elle est proche de parvenir à son but : mettre définitivement hors d’eau ce joyau roman menacé d’écroulement et de disparition totale. En recevant ce prix, l’association Sauvegarde obtient un formidable encouragement.

L’association « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire » n’a que trois ans d’existence. Constituée en janvier 2012 à la demande de Monseigneur Cattenoz, Archevêque d’Avignon, maître d’ouvrage, elle a pour ambition de sauver ce précieux vestige paléochrétien du 6ème siècle dominant le village de Beaumes de Venise. Cette chapelle n’est pas classée monument historique, ni même inscrite. C’est une propriété privée. A ce titre et comme tout propriétaire, l’association a eu le souci de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer sa conservation et permettre sa transmission, avec un budget modeste, correspondant à ses ressources.

Après le dégagement forestier du site, elle a tenu à sécuriser en premier le transept pour éviter des morts et sa disparition. Cette action lui a permis d’obtenir de la DRAC une mission archéologique. Faisant ensuite exclusivement appel au mécénat privé, aux dons et aux cotisations de ses adhérents, elle a pu offrir à deux tailleurs de pierre, compagnons du tour de France, un salaire pendant neuf mois. Ils ont ainsi pu poursuivre les travaux de sécurisation de l’abside et la sauver définitivement. Les deux dernières étapes sont, en 2015 la réfection de la voûte du transept et, en 2016 la pose de la toiture.

L’objectif, « mettre la chapelle hors d’eau » aura alors été atteint et nous n’aurons mis que cinq ans.

La conscience de l’importance historique du lieu, la beauté incomparable de cet audacieux balcon dressé face à la plaine du Comtat Venaissin, ont stimulé les adhérents qui ont décuplé leurs forces en toutes saisons. Plus que l’argent, c’est la volonté d’action qui compte : elle vient à bout de tout. La chapelle St Hilaire qui gisait, abandonnée, ensevelie sous les broussailles depuis des siècles, a repris toutes ses forces et est en train de se redresser.

Faut-il s’en étonner ? Châteaubriand nous en donne la raison : « Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence. »