Spiritualité

Fête de saint Hilaire le 14 janvier 2019

Restait la nef à couvrir entièrement (15m de voûte). Ce fut donc là que notre précieux échafaudage fut à nouveau transporté et placé. Quelques mauvaises pluies et surtout des journées très venteuses ne facilitaient pas la tache, le chantier allait durer douze mois, mais pour Noël 2018 il était assez avancé pour pouvoir célébrer la messe dans l’église.

Un problème me taraudait: Nous allions bientôt arriver à la fin du chantier, comment remercier toutes les personnes qui par leurs prières, leurs dons ou leurs bras avaient permis de financer et de réaliser concrètement les travaux? Chaque inscription à l’association Sauvegarde, chaque don, faisait bien sûr l’objet d’une lettre de remerciement que j’adressais aussitôt. Certains dons étaient très importants, d’autres très modestes, mais tous témoignaient leur volonté de participer au sauvetage de cette belle église. Plus les difficultés augmentaient et plus leur générosité se multipliait, conséquence sans doute de nos prières.

Voilà pourquoi je décidais d’organiser pour la fête de saint Hilaire, le 14 janvier, une grande fête à l’église et puis ensuite on inviterait tous nos bienfaiteurs à déjeuner dans la salle des fêtes de Beaumes pour les remercier dignement.

Quelques-uns seulement ont répondu à l’invitation et sont venus, parfois de très loin. Nos amis de l’abbaye Sainte Madeleine furent les plus nombreux, puisqu’avec le Père Abbé Dom Louis-Marie, ils furent cinquante à se déplacer. C’était pour eux un jour exceptionnel de sortie, ils vinrent à pied et en habit de travail et ils ont constitué l’encadrement liturgique exceptionnel de cette messe chantée en grégorien. Mon Dieu que cette sainte messe fut belle! Deo gratias!

A 10h30, la messe commençait, après que la foule des invités ait pris place dans la nef. L’absence de chaises et de bancs n’autorisait que la position debout, ils étaient environ 200 à saluer la procession d’entrée. Dans son homélie, le Père Abbé rendit hommage à tous les acteurs de cette restauration et souligna l’importance de ce chantier pour notre temps: « La restauration de cette chapelle pourra sembler complètement folle à certains rationalistes. Mais elle est un cri dans le désert à la suite de saint Jean Baptiste. Un cri qui rappelle les racines chrétiennes du pays. Elle est un signe pour tous, que nous devons recevoir, préserver, restaurer notre héritage chrétien et notamment les monuments de prière qui sont l’âme de nos cités. Robert et Claudia nous ont dit que leur œuvre de restauration s’inscrivait dans l’appel du Crucifié à saint François d’Assise de reconstruire la chapelle de St Damien. Et nous savons que le Pape Innocent III vit en songe, un petit religieux l’aider à soutenir la basilique du Latran prête à s’écrouler. Leur œuvre est concrète certes, mais elle est profondément mystique. »

L’homme sculpte la pierre,

Dieu sculpte le cœur de l’homme.

Dure et précieuse est la pierre,

Dur, si dur parfois le cœur de l’homme,

Mais si précieux également.

 

De toute pierre,

Un bon maçon peut tirer profit.

De tout cœur d’homme,

Dieu sait tirer profit, éternellement.

 

Combien de monuments,

Combien d’édifices et d’églises,

En France, en Europe,

Rappellent le génie de l’homme,

Sa force, sa science du bâtiment,

De l’architecture et de la sculpture.

Combien de justes et de saints,

En France et en Europe,

Rappellent le génie de Dieu, sa bonté,

Sa puissance

Sa science créatrice,

Sa miséricorde.

 

Si les pierres les plus dures,

Tel le marbre,

Servent habituellement

A réaliser des œuvres d’art précieuses,

Qui honorent l’humanité,

Les cœurs les plus purs,

Tel celui de saint Hilaire,

Sont pour Dieu

Matière à ses œuvres de grâce

Et de beauté les plus glorieuses.

 

Un bon maçon ne rejette aucune pierre,

Il la transfigure

Et l’intègre à son édifice.

Dieu ne rejette aucun homme,

Il purifie son cœur

Et l’intègre à Son Royaume.

 

Pour Dieu, tout sert à l’édification

De la Jérusalem céleste,

Où tout sera transfiguré en or pur,

Pierres précieuses, émeraude et saphir.

par un moine du Barroux.